
La semaine mondiale de prière pour l’Unité des Chrétiens, du 18 au 25 janvier, proposait cette année, chaque jour, à la méditation, des textes bibliques sur un thème tiré de la première épître aux Corinthiens : « Tous, nous serons transformés par la victoire de Notre Seigneur Jésus Christ ». C’était une invitation à se laisser guider et convertir par le Seigneur lancée à tous les chrétiens, de toute tradition, de toute confession.
A Dijon les temps de rencontres ont débuté avec une veillée préparée par l’ACAT, association chrétienne bien connue pour son engagement auprès des prisonniers et son soutien aux victimes de la torture. Mais on ignore parfois qu’il s’agit d’un mouvement œcuménique, dès son origine ! Cela fut redécouvert dans cette soirée au temple réformé, le 17 janvier, en particulier par la lecture de la parabole du bon Samaritain. La prière d’intercession était nourrie par le souci de tous ceux qui souffrent injustement, notamment les chrétiens persécutés pour leur foi, comme Asia Bibi, au Pakistan et le pasteur Youcef Nadarkhani, en Iran, intentions particulièrement portées par l’ACAT.
A Is-sur-Tille, le mercredi 18 janvier, environ 40 Adventistes, Catholiques, Protestants évangéliques, Protestants réformés se sont retrouvés pour réfléchir autour du thème de l’année « Tous, nous serons transformés … par la victoire de notre Seigneur Jésus-Christ. », grâce à trois exposés successifs :
« La Résurrection, ma résurrection » par Dominique Viaux de Eglise réformée
« Le vêtement, revêtir le Christ » par le Père Lamblot curé de la paroisse d’Is sur-Tille
« Le jugement et le Retour du Christ » par Richard Presles pasteur de l’Eglise Adventiste Dijon
Puis trois groupes de partage autour des trois intervenants.
Après avoir chanté, et prié ensemble, le Notre Père fut éclairé par la méditation du groupe des Dombes. Soirée sympathique, priante et instructive !
Le vendredi 20 janvier, rencontres œcuméniques entre catholiques et évangéliques à Chatillon sur Seine, età Sombernon , avec un temps de méditation biblique. Accueillis dans la salle paroissiale par le père Grosjean, curé de Sombernon, les participants ont été invités à lire en petits groupes trois textes insistant sur l’unité des disciples voulue par Dieu : le psaume 133, évoquant la bénédiction divine répandue sur les frères qui s’aiment, la prière de Jésus, après la Cène, et la 1ère épître de Paul aux Corinthiens, qui les exhorte à laisser leurs querelles. Merci à Stephen March, théologien anglais installé avec son épouse à Villy en Auxois, d’avoir fait vivre à tous, par son questionnement et sa synthèse, une belle expérience de partage fraternel !
A Beaune, cette même soirée, une nouveauté : la rencontre, au temple, devenue traditionnelle entre catholiques et réformés, s’est élargie à l’église évangélique « France pour Christ ». La prédication du père Card, curé de Beaune, fut très appréciée. L’accompagnement musical fut assuré par l’orgue et au saxo. L’assemblée partagea le pain azyme. La rencontre fut suivie d’un temps convivial pour faire plus ample connaissance .
Le dimanche 22 janvier, pour la célébration du culte, au temple, le pasteur Guilhen Antier, madame Tina Andriamaly , présidente du Conseil presbytéral, et le pasteur malgache accueillaient au nom de la paroisse réformée les chrétiens dijonnais, notamment les catholiques de la paroisse Bienheureux Jean XXIII,avec laquelle ils échangent, pour une cérémonie lumineuse et priante . La beauté de la musique d’orgue et les chants de la chorale Gospel ont souligné la joie de la bonne nouvelle annoncée par Jésus au début de l’évangile de Saint Marc : « Le royaume de Dieu s’est approché de nous ». Ce fut le thème développé par la prédication du père Févotte : désormais, « les temps sont accomplis », la vie n’est pas qu’une succession chronologique, mais le temps où Dieu fait grâce, et les chrétiens se tiennent dans une position particulière dans le monde, un peu en marge, au-delà de l’éphémère.
L’assemblée, nombreuse et variée, a prolongé l’union dans la prière par un temps de partage amical autour d’un apéritif.
Le rendez-vous des chrétiens de l’Auxois –Morvan était cette année à l’église de Précy-sous-Thil, en plein après- midi, le dimanche 22 janvier. Le père Theuret, administrateur de la paroisse, fit en introduction un bref historique du mouvement œcuménique, puis la célébration fut présidée et animée conjointement par le père Maurice Thirault, curé de Semur, madame Porteret, de l’Eglise Réformée, et le père Nicolas Soldatenkoff, archiprêtre de l’Eglise orthodoxe russe du patriarcat de Moscou, en résidence à Semur. Le thème d’année, la victoire de la Résurrection, était celui de la célébration ; il fut illustré particulièrement par la prière d’intercession, pendant laquelle l’assemblée fit reverdir un arbre mort, et resplendir , avec des lumignons, l’emblème de l’Eglise universelle figurée par une barque surmontée d’une croix.
Très belle journée œcuménique, le dimanche 29 janvier, pour la clôture de la Semaine de l’Unité dijonnaise : environ 650 personnes à la messe, à la crypte de sainte Bernadette, où catholiques et réformés ont pu entendre l’exhortation du pasteur G.Antier, dans son commentaire de l’évangile du jour, (St Marc I, 21-28), à se libérer de l’esprit mauvais, qui croit tout savoir sur Dieu et s’enferme dans ses peurs, pour s’ouvrir à la parole du Christ, dans son autorité vivifiante.
L’accueil mutuel se poursuivit avec l’apéritif, offert à tous, le repas partagé, et la conférence de l’après-midi, qui regroupa plus de 150 personnes.
La présentation de l’ouvrage « Vous donc, priez ainsi », consacré au Notre Père, itinéraire pour la conversion des Eglises, fut l’occasion de redécouvrir avec le pasteur luthérien Jean Tartier, co-président du groupe des Dombes, le travail de réconciliation mené depuis 1937 par les 40 théologiens réformés et catholiques, et avec sœur Nathanaël, de l’abbaye de Pradines, qui les accueille depuis 1998, la tradition d’ouverture œcuménique des sœurs bénédictines. La partie historique du travail permet de vérifier la place centrale de la prière du Christ depuis les pères de l’Eglise, dans la préparation au baptême, la liturgie, la catéchèse et la vie monastique jusqu’aux écrits des théologiens, Thomas d’Aquin et Ignace de Loyola, comme Martin Luther ou Jean Calvin. Malheureusement la séparation des Réformés et des Catholiques a entraîné ensuite la réduction de cette prière au seul horizon confessionnel.
Aujourd’hui où nous pouvons de nouveau la redire ensemble, il est temps de prier pour vivre en frères du même Père, révélé en Jésus Christ, et accomplir sa volonté d’amour, entre nous, vers l’unité des Eglises, et dans le monde, au service commun du prochain.
Maguy Minonzio